Une 100ème étape mémorable


14/08/2017

Porte d’entrée des Pyrénées, Pau a accueilli ce matin le départ de la 100ème étape de la Haute Route. Le peloton s’est élancé sur une boucle de 158 kilomètres comprenant les célèbres ascensions des cols de Marie Blanque, Aubisque et Soulor.

Seul coureur à ce jour à avoir terminé chacune des 100 étapes de la Haute Route de sept jours, l’Australien Will Levy est revenu ce matin sur ses sept années d’expérience sur la Haute Route. « Je pense qu’une lettre de la reine m’attend à la maison », a-t-il déclaré en rigolant, comme à son habitude.

« C’est fantastique d’avoir vu cet événement grandir depuis 2011. Je pense que la raison qui me fait revenir année après année est la camaraderie, que se soit avec mes clients, l’équipe d’organisation, les autres coureurs ou les bénévoles qui assurent notre sécurité sur la route. C’est comme une grande réunion de famille. Et je ne suis pas prêt de m’arrêter là ! »

À l’image de la veille, les coureurs ont parcouru les premiers kilomètres en convoi sécurisé pour atteindre la limite de la ville et le départ réel de la deuxième étape. Les 50 kilomètres suivants à travers les paysages vallonnés du Béarn les ont menés jusqu’au pied de Marie Blanque. Démontrant parfaitement la camaraderie qui a régné au sein du peloton tout au long des 100 étapes de la Haute Route, les participants ont roulé en petits groupes pour conserver de l’énergie avant d’affronter les trois cols au programme du jour.

Premier col de la journée, le col de Marie Blanque culminant à 1,035 mètres d’altitude est un classique de la Haute Route Pyrénées avec une pente moyenne de 7,6% sur 9 kilomètres. Avec la chaleur commençant à se faire ressentir, les coureurs ont pris le temps au sommet de remplir leur gourde et reprendre des forces avant de basculer vers le pied du col d’Aubisque.

Le Français Marc Buzenet est un habitué de Marie Blanque puisqu’il l’a déjà grimpé à plusieurs reprises : « Je connaissais ce col donc je savais que les quatre derniers kilomètres étaient difficiles. Il a été une nouvelle fois fidèle à sa réputation, le monstre à 13%. Je suis monté doucement sans me mettre dans le rouge parce que je savais qu’il y avait encore un gros morceau derrière. »

La descente sinueuse a été suivie par une courte section dans la vallée avant que la route ne s’élève brutalement sur les premières rampes de l’Aubisque. Ce col irrégulier a été un vrai challenge pour les participants qui ont eu des difficultés à trouver leur rythme. Alternant entre des sections à plus de 12% et des plateaux proches de 4%, l’Allemand Jan-Philipp Recktenwald nous a confié son sentiment sur l’Aubisque : « L’Aubisque n’est pas une ascension facile, c’est long notamment les 5 derniers kilomètres sous le soleil. Mais les paysages en valent vraiment la peine ! »

À 1,709 mètres au-dessus du niveau de la mer, l’emblématique sommet de l’Aubisque avec ses célèbres vélos géants a une nouvelle fois offert aux coureurs une vue imprenable sur les Pyrénées. Comprenant la courte montée du Soulor, la descente d’Aubisque a mené les coureurs dans la vallée jusqu’à l’arrêt chronométré de l’étape situé à Asson.

Le Français Marc Buzenet était également familier avec l’Aubisque : « J’avais monté l’Aubisque il y a très longtemps mais je ne m’en souvenais plus. Ce n’est pas le col le plus difficile mais c’est celui où j’ai le plus souffert avec la chaleur. Ensuite, ce n’était que du bonheur avec du vent dans le dos dans le Soulor et nous avons pu apprécier des paysages absolument extraordinaires. »

L’Australien Daniel Frawley est du même avis : « L’Aubisque était difficile mais très beau. La vue au sommet est incroyable et j’ai sorti mon téléphone plusieurs fois dans l’ascension pour prendre des photos. »

Franchissant la ligne en première position l’Américain Ted King s’empare seul du maillot de leader en terminant deux minutes devant Cyril Tiné avec qui il a partagé la victoire d’étape la veille. Chez les femmes, l’Américaine Laura Cameron a conforté son avance sur ses rivales. Du côté des équipes, l’équipe Ingamba s’est imposée de seulement 1 minutes et 31 secondes devant le Team Nordic Lights.

À la fin de cette 100ème étape, le Directeur de l’événement Benjamin Chandelier s’est réjouit du chemin parcouru par la Haute Route ces sept dernières années.

« C’est incroyable de voir où nous en sommes aujourd’hui alors que nous avons lancé la première édition dans les Alpes en 2011 avec 250 coureurs », at-t-il déclaré. « Pour la première fois cette année, nous avons exporté l’événement hors d’Europe dans les Rockies aux Etats-Unis et mis en place un nouveau concept sur trois jours. J’ai hâte de voir où sera la Haute Route après les 100 prochaines étapes ! »

Après deux nuits passées à Pau, les cyclistes amateurs rejoindront demain Tarbes qui accueillera pour la première fois la Haute Route. Cette troisième étape de 153 kilomètres leur fera découvrir le petit col sauvage de Spandelles et les emmènera au point culminant de la semaine, au sommet de l’incontournable Tourmalet.